top of page

Mabon : sens et rituel de l’équinoxe d’automne

Photo du rédacteur: Yana Aelle
Yana Aelle
il y a 2 minutes
8 min de lecture


Il y a cette lumière de septembre, plus douce sur les façades. Les soirées qui fraîchissent, les premières feuilles au sol, les raisins et les pommes sur les étals. Quelque chose change, même lorsque nos agendas continuent de se remplir comme si de rien n’était.


La rentrée nous pousse souvent à repartir, à organiser, à entreprendre. La saison nous propose aussi de nous arrêter un instant pour regarder ce qui a mûri.


Dans les spiritualités contemporaines liées aux cycles de la nature, Mabon accompagne le passage de l’équinoxe d’automne. Une occasion de reconnaître nos récoltes, de regarder nos équilibres et de choisir ce que nous souhaitons emporter dans la saison qui vient.


Célébration de Mabon
Célébration de Mabon

Mabon : une célébration contemporaine nourrie de traditions anciennes


Bien avant que nous appelions cette fête « Mabon », les communautés agricoles célébraient les récoltes. Rentrer les céréales, cueillir les fruits, constituer les réserves : de ces gestes dépendait la traversée de l’hiver. La récolte engageait la vie de toute une communauté et donnait lieu à des rassemblements, des repas et des coutumes symboliques.


Dans les traditions gaéliques, notamment en Irlande, Lughnasadh ouvrait la saison des récoltes autour du 1er août. Cette date marquait aussi le début de l’automne dans le calendrier traditionnel, différent de notre calendrier astronomique. Samhain, au début de novembre, annonçait ensuite l’entrée dans l’hiver.


Les traditions rurales irlandaises ont également conservé des célébrations de fin de moisson. La dernière gerbe pouvait être coupée de manière cérémonielle, puis occuper une place particulière lors du repas réunissant ceux qui avaient participé aux travaux. Ces coutumes, documentées par les collections de folklore, témoignent de l’importance des récoltes dans la vie collective, sans permettre d’attribuer chacun de ces gestes aux Celtes de l’Antiquité.


Le nom « Mabon », emprunté à un personnage de la mythologie galloise, a été donné à la célébration de l’équinoxe d’automne au XXe siècle, dans les mouvements païens contemporains. Nous ne disposons pas de preuves permettant d’affirmer que les Celtes antiques célébraient à cette date une fête équivalente sous ce nom.


Mabon rassemble aujourd’hui des inspirations anciennes dans une forme

nouvelle : l’attention aux saisons, la célébration des récoltes, le partage et la préparation à l’hiver.

Nous pouvons prolonger ces questions dans notre vie : qu’est-ce qui nous nourrit ? Que pouvons-nous partager ? Qu’avons-nous besoin de préserver pour les mois à venir ?

Autrefois, les réserves prenaient place dans les greniers. Aujourd’hui encore, nous avons besoin de nourriture, de chaleur et de liens. Nous pouvons aussi prendre le temps de reconnaître les ressources moins visibles sur lesquelles nous pourrons compter.


Quand a lieu l’équinoxe d’automne en 2026 ?


En 2026, l’équinoxe d’automne aura lieu le 23 septembre à 2 h 05, heure de Paris.

Le jour et la nuit auront alors des durées proches. Dans l’hémisphère Nord, les nuits continueront ensuite de s’allonger jusqu’au solstice d’hiver.

Ce passage astronomique peut devenir un repère symbolique : un moment pour observer comment nous traversons, nous aussi, les changements de rythme et de lumière. Il est possible de le célébrer la veille, le jour même ou dans les jours qui suivent, lorsque nous pouvons lui accorder une présence réelle.


Que symbolise Mabon aujourd’hui ?


Reconnaître ce qui a mûri

Lorsque nous regardons les mois écoulés, nous voyons parfois d’abord ce qui manque : le projet inachevé, la décision repoussée, la situation qui n’a pas évolué comme nous l’espérions.

Pourtant, d’autres choses ont peut-être pris forme.

Une conversation que nous avons enfin osé avoir. Une aide que nous avons accepté de recevoir. Une relation devenue plus simple. Un moment où nous avons su nous arrêter avant de nous épuiser.

Ces récoltes passent facilement inaperçues. Elles ne se mesurent pas toujours et ne suscitent pas nécessairement de reconnaissance extérieure. Elles ont pourtant changé quelque chose dans notre manière de vivre.

Qu’est-ce qui a mûri en vous, même discrètement, depuis le printemps ?


Regarder nos équilibres

À l’équinoxe, la proximité entre la durée du jour et celle de la nuit peut nous inviter à regarder la place que nous accordons à l’action et au repos, à la solitude et aux relations, au fait de donner et à celui de recevoir.

Certaines périodes demandent beaucoup d’engagement. D’autres appellent un retrait, un temps de récupération ou de maturation. Notre équilibre se construit dans ces mouvements.

Mais lorsque nous donnons depuis longtemps sans recevoir, ou que nous avançons sans jamais reprendre souffle, cette pause saisonnière peut nous aider à le reconnaître.

Quelle place aimeriez-vous rendre à ce qui vous nourrit ?


Accueillir une récolte imparfaite

Certaines saisons sont difficiles. Tout n’a pas porté ses fruits, et il arrive que nous ayons surtout le sentiment d’avoir tenu bon.

La gratitude peut alors sembler lointaine, voire agaçante.

Nous pouvons reconnaître un soutien, un instant de beauté ou un effort accompli tout en restant tristes de ce qui nous a manqué. Une déception peut aussi être accueillie sans que nous cherchions immédiatement à lui trouver un enseignement.

Honorer sa récolte, c’est prendre le temps de la regarder telle qu’elle est, avec ses fruits, ses manques et ce qui demande encore à mûrir.


Ce passage au sein de L’Art de s’Accorder


Au sein de L’Art de s’Accorder, nous aimons laisser les saisons éclairer les questions que nous traversons. Elles offrent des images, des repères et des occasions de nous retrouver. À travers nos cercles, nos ateliers et l’École des mystères, nous proposons des espaces où le vécu, la parole, le corps et le langage symbolique peuvent se rencontrer. En cette période de Mabon, la question du recevoir nous accompagne particulièrement : savons-nous accueillir le soutien des autres, reconnaître le chemin parcouru et nous laisser toucher par ce qui nous est offert ?


Pourquoi faire une place aux rituels dans nos vies modernes ?


Nous marquons déjà de nombreux passages par des gestes : souffler des bougies, porter un toast, déposer des fleurs, partager un repas à une date particulière.

Ces gestes donnent une forme visible à ce que nous éprouvons. Ils nous permettent de dire : ce moment compte, je veux lui accorder une place.

Or, beaucoup de passages intérieurs restent sans témoin. Nous avons changé, pris une décision, quitté une ancienne habitude… puis le quotidien a repris, sans que nous ayons vraiment reconnu ce mouvement.


Un rituel peut offrir cet espace.

Choisir un objet, prononcer une phrase à voix haute, ouvrir les mains pour déposer quelque chose : ces gestes mobilisent notre attention et font participer le corps. Une intention devient un acte dont nous pouvons garder la mémoire.

Le langage symbolique y trouve toute sa place. Un fruit peut représenter ce qui a mûri dans notre vie. Une feuille tombée peut accompagner un renoncement. Une graine peut porter l’intention de préserver quelque chose de précieux.


Pour certaines personnes, ces gestes ouvrent aussi une dimension spirituelle : un sentiment de lien avec le vivant, les ancêtres ou le sacré. Chacun peut y entrer selon sa sensibilité, sans avoir à adhérer à une croyance particulière.

Il n’est pas nécessaire de ressentir une émotion extraordinaire. Quelques gestes sincères, accomplis avec attention, peuvent suffire à marquer le passage.


Un rituel de Mabon : honorer sa récolte et choisir ce que l’on emporte


Ce rituel contemporain s’inspire de la symbolique des récoltes et du passage vers l’automne. Accordez-vous une trentaine de minutes dans un endroit calme.

Préparez :

  • un fruit de saison et quelques graines destinées à être semées ;

  • une feuille tombée au sol ;

  • deux petites coupelles ;

  • une bougie, éventuellement électrique ;

  • un morceau de tissu ou un petit sachet.


Installez les deux coupelles devant vous, l’une à gauche, l’autre à droite, et la bougie entre elles. La première accueillera ce qui arrive à son terme. La seconde, ce que vous souhaitez préserver. La lumière marquera le passage entre les deux.


1. Entrer dans le temps du rituel

Allumez la bougie, puis prenez quelques instants pour sentir vos appuis et regarder les objets devant vous.

Vous pouvez dire :

« Au seuil de l’automne, je prends le temps de reconnaître ce que j’ai vécu, ce que j’ai reçu et ce que je souhaite nourrir. »

Laissez cette phrase rejoindre votre expérience. Comment vous sentez-vous à cet instant ? Vous pouvez accueillir ce qui vient, même si c’est simplement de la fatigue ou le plaisir de vous arrêter.


2. Tenir sa récolte entre ses mains

Prenez le fruit dans vos mains. Sentez son poids, sa texture, son parfum.

Ce fruit a eu besoin de temps pour mûrir. Regardez votre propre chemin avec cette même attention.

Nommez à voix haute trois récoltes des mois écoulés : une chose accomplie, une chose reçue, une chose découverte. Elles peuvent être modestes.

Après chacune, dites simplement :

« Je reconnais cela. »

Puis pensez à ce qui vous a soutenu : une personne, un lieu, votre persévérance, un secours inattendu. Prenez un instant pour lui adresser intérieurement votre gratitude.

Déposez le fruit près de la lumière, à distance de la flamme.


3. Déposer ce que l’on ne veut plus nourrir

Prenez la feuille tombée.

Observez ses nervures, ses couleurs, ses fragilités. Elle a eu sa place dans la vie de l’arbre. Maintenant, elle entre dans une autre étape.

Demandez-vous :

« Qu’est-ce que je continue à porter alors que je pourrais commencer à le déposer ? »

Il peut s’agir d’une exigence envers vous-même, d’un engagement devenu trop lourd, du besoin de satisfaire tout le monde ou d’une attente à laquelle vous vous accrochez.

Choisissez une seule chose. Nommez-la en tenant la feuille, puis posez celle-ci dans la coupelle de gauche, à distance de la bougie.

Vous pouvez dire :

« Je reconnais la place que cela a prise dans ma vie. Aujourd’hui, je choisis de lui donner moins de place. »

Ouvrez ensuite vos mains et laissez-les reposer quelques instants.

Ce geste marque une intention. Certaines choses demanderont du temps, plusieurs essais ou du soutien pour être réellement déposées.


4. Garder une graine pour la suite

Prenez quelques graines dans votre paume.

Une partie de la récolte nourrit le présent ; une autre peut être conservée pour les semailles à venir. Tout n’a pas besoin d’être utilisé immédiatement.

Choisissez ce que vous souhaitez préserver cet automne : votre énergie, une relation, un projet, une pratique qui vous fait du bien.

Soufflez doucement sur les graines, comme pour leur confier votre intention, puis placez-les dans la coupelle de droite.

Dites :

« Je choisis de prendre soin de… »

Complétez ensuite par un engagement concret :

« Cette semaine, je lui ferai une place en… »

Prévoyez un geste assez petit pour pouvoir être tenu. Ce sera votre première manière de nourrir cette intention.


5. Recevoir sa part

Reprenez le fruit et mangez-en lentement quelques morceaux.

Pendant cet instant, vous n’avez rien à produire. Vous recevez ce qui peut vous nourrir.

Vous pouvez dire :

« Je m’accorde une part de ce que j’ai contribué à faire grandir. »

Si vous vivez ce rituel à plusieurs, partagez le fruit. Chacun peut nommer une récolte qu’il souhaite honorer, ou simplement rester en silence.


6. Refermer le rituel, prolonger le geste

Glissez les graines dans le tissu ou le sachet. Gardez-les dans un endroit sec, où vous pourrez les retrouver à leur période de semis. Elles vous rappelleront ce que vous avez choisi de préserver.

Rapportez la feuille à la terre ou au compost. Laissez ce geste représenter une transformation qui prendra son temps.

Avant d’éteindre la bougie, regardez une dernière fois l’espace devant vous : ce que vous avez déposé, ce que vous avez reçu, ce que vous emportez.

Puis dites, si ces mots vous correspondent :

« J’honore ma récolte. Je laisse du temps à ce qui se transforme. Je prends soin de ce qui vivra demain. »


Célébrer Mabon et l'équinoxe de l'automne ensemble : une soirée de breathwork à la pleine lune


Nous avons choisi de célébrer Mabon avec une séance de breathwork le samedi 26 septembre, jour de la pleine lune des récoltes, la plus proche de l’équinoxe d’automne. Cette exploration guidée par le souffle sera une invitation à vivre ce passage dans le corps : prendre le temps de ressentir, accueillir ce qui se présente et faire de la place à ce qui nous nourrit. Le mouvement de la respiration fait écho à la symbolique de Mabon : inspirer, recevoir ; expirer, desserrer ce que nous retenons. Nous nous retrouverons avec cette intention, chacun à son rythme, pour honorer le chemin parcouru et entrer dans l’automne avec davantage de présence à soi.


Pour découvrir les informations pratiques et vous inscrire, rendez-vous dans l’agenda de L’Art de s’Accorder.


Et vous, quelle récolte, même toute petite, aimeriez-vous prendre le temps d’honorer cet automne ?

Commentaires


Post: Blog2_Post
bottom of page